Le Bridgeur : deux cœurs de métier

Karine Meyer Naudan

La société Le Bridgeur a été créée en 1958. Elle se développe depuis plus de 50 ans sur 2 métiers en relation avec le bridge : la production et la vente de produits de bridge et l'édition de deux revues de bridge.

Le Bridgeur c'est plus d'un demi-siècle d'histoire avec aujourd'hui deux boutiques à Paris et Bruxelles, des partenaires professionnels (clubs, comités, revendeurs), des clients passionnés et un système de vente par correspondance et en ligne performant.

Karine Meyer-Naudan
Directrice générale du Bridgeur

Première partie : les années Bauche

Le 1er octobre 1959, Jacques Bauche se jette à l’eau : au prix de 70 anciens francs, le Bridgeur, publication bimensuelle consacrée au bridge, est proposée dans les kiosques. Dans le premier comité de rédaction, outre la figure tutélaire de Pierre Albarran qui va malheureusement bientôt disparaître, figurent Jean Lévêque, l’arbitre, Irénée Bajos de Hérédia et Pierre Schaeffer. C’est le début d’une aventure d’abord solitaire, puis adossée pendant plus de vingt ans à la Fédération Française de Bridge, qui va vous conduire à feuilleter le numéro d’aujourd’hui.

Dès les années 1960, l’actualité donne à la revue du grain à moudre. Robert de Nexon a créé les Olympiades en même temps que la fédération mondiale, la France remporte le premier trophée. Deux ans plus tard, Jaïs-Trézel confirment en remportant le premier championnat du monde par paires à Cannes. L’année suivante éclate à Buenos Aires le scandale Reese-Schapiro qui fournit à Jean-Paul Meyer la matière d’un de ses premiers « Franchement vôtre »…

La fin des années 1960 constitue la charnière entre le bridge de l’après-guerre et le bridge moderne. Bien vite, le Bridgeur se place résolument du côté de la modernité. À côté des rédacteurs prestigieux comme José le Dentu, qui assurera le difficile compte rendu du championnat du monde tourmenté des Bermudes en 1975 et Bertrand Romanet, apparaît une nouvelle génération de journalistes, issue de la compétition comme Jean-Marc Roudinesco et Pierre Schemeil, mais aussi de l’enseignement : Gérard Desrousseaux et Robert Berthe en sont les plus beaux fleurons. Jacques Bauche, plus tout jeune, décide de passer la main et c’est d’abord son fils Patrice qui prend la responsabilité de la rédaction, avant de se consacrer à sa passion des voyages. En 1978, le destin de la revue du Bridgeur s’infléchit : Michel Bongrand, José Damiani et Hubert de l’Epine, le nouveau propriétaire du journal, s’accordent sur un projet qui prévoit la fusion du magazine avec la revue fédérale. Pendant plus de vingt-cinq ans, le Bridgeur et la Revue Française de Bridge ne feront qu’un.

Deuxième partie – les années Jean-Paul Meyer

Présent dans les colonnes du Bridgeur depuis 1963, Jean-Paul Meyer va en assurer la rédaction en chef, en même temps que la direction de la société, de 1978 à 2001. Autant dire que personne n’a plus imprimé sa marque au magazine que cet ancien directeur général adjoint de la STEF qui décida d’abandonner une carrière toute tracée dans l’industrie pour l’aventure de la presse. Son goût de la compétition internationale va trouver à s’exprimer : cette grande vingtaine d’années correspond à la période des plus beaux succès du bridge français.

Tout commence en 1980, quand Chemla-Mari, Lebel-Perron et Soulet-Szwarc, (capitaine Pierre Schemeil) gagnent les Olympiades à Valkenburg. En 1982, ce sont Lebel-Soulet et Faigenbaum-Pilon qui s’adjugent la Rosenblum à Biarritz. L’année suivante, aux championnats d’Europe de Wiesbaden, nos deux équipes, open et dames, remportent le titre. Profitant de cette vague favorable, le bridge français se développe. Forte de 13.000 membres en 1973, la FFB, sous les présidences successives de Michel Bongrand, José Damiani et Georges Chevalier, se targue de 45.000 licenciés dix ans plus tard.

Le soufflé retombe un peu, malgré les doubles médailles de Seattle en 1984 ou les titres européens féminins en 1985 et 1987, à Salsomaggiore puis Brighton. Hubert de l’Épine s’essouffle lui aussi. En 1988, il décide de passer la main et c’est un groupe d’actionnaires, parmi lesquels Jean-Louis Descours (président du groupe André) et José Damiani, qui reprend la société.

Aujourd’hui et depuis 1996 la société Le Bridgeur appartient au groupe HM Éditions, groupe français familial indépendant dont l’activité principale est l’édition et la communication.

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